Biographie

Compositeur, designeur sonore, ingénieur du son, label manager… Depuis le milieu des années 1990, Matthieu Debliqui est investi dans le champ de la musique électronique. Quelque part entre pop et expérimentale, tour à tour enjouées ou profondes, complexes ou minimales, hardcore ou contemplatives, ses compositions revendiquent une liberté de forme qui joue avec les codes établis des nombreux genres et sous genres musicaux qui l’intéressent. Touche à tout, les aspects historiques et artistiques, techniques, physiques, (psycho)acoustiques de la musique et du son nourrissent sa pratique.

Au fil des expériences, des expérimentations et des collaborations, Matthieu explore la relation entre musique, technologie et nature. Il s’inspire de phénomènes décrits par les sciences (théorie du Chaos, théorie des systèmes, Biologie, Astronomie), des fantasmes qu’elles suscitent et des nouvelles techniques de composition qu’elles permettent. Quelque part entre science, fiction et naturalisme, ces projets – installations et machines sonores, vinyles, banques de sons et effets spéciaux pour le cinéma et les jeux vidéos – donnent à entendre une note déclenchée par un algorithme, un rythme généré par le chaos, le son d’un robot extraterrestre géant, d’un organisme microscopique, etc.

Ces recherches et productions lui ont permis d’être édité, sous le pseudonyme Subjex, sur des labels et éditeurs prestigieux tels que Planet Mu (Uk), Schematic (USA), Soundmorph (USA), Glitchmachines (USA); de se produire sur des scènes nationales et internationales comme l’Aéronef (Lille), le Batofar (Paris), le Cabaret Sauvage (Paris), le Ninkasi (Lyon), Mix’Art Myris (Toulouse), L’Opéra National de Bordeaux, L’Opéra National de Liège, Dour festival, le Worm (Rotterdam), WMC Miami, Bangface Weekender (Uk) et bien d’autres à Genève, Copenhague, Tunis, Aarhus, Tempere, Vilnius, … . Mais aussi de collaborer avec des artistes reconnus comme Richard Devine, Tania Mouraud, Jean-Jacques Perrey, Death Grips, Phoenecia, Charles Pétillon, Glen Velez, etc.

Il fonde en 2002 le label Bedroom Research, un des pionniers parmi les « netlabels », engagé dès le départ dans une démarche de diffusion libre de droit et une volonté de dématérialisation, pour un label 100% indépendant. Le label recevra une reconnaissance internationale grâce à des sorties influentes d’artistes de tous pays et horizons, qu’ils soient « jeunes talents » ou vétérans reconnus. Matthieu fera plus tard un crochet à la direction du label InVitro Records ce qui lui donnera l’occasion de travailler, entre autre, avec le légendaire Jean-Jacques Perrey, (pionnier français de la musique électronique, prof d’Edith Piaf & chouchou de Walt Disney), pour la production d’un album ainsi qu’une compilation de remixes.

Aujourd’hui son travail se développe de la création à la transmission avec notamment la création du collectif artistique Otium, installé à la Condition Publique de Roubaix, et dont l’un des principaux axes réside dans la conception de dispositifs logiciels ou électroniques utilisés lors d’ateliers dont les enjeux sont la médiation, l’éducation et la démocratisation des arts numériques et des pratiques expérimentales pour tous publics. Et, se faisant, proposer d’ouvrir la boite de Pandore pour reprendre son temps libre en main, s’exprimer et s’épanouir loin des pressions consuméristes et conformistes.